Human Rights Watch : 26 cas d’abus dans la lutte antiterroriste en Belgique (vidéo + rapport intégral en français et anglais)

 

human-rights-watch-rapport-sur-antiterrorisme-en-belgique4-novembre-2016

 

 

(Bruxelles) – La Belgique a adopté plusieurs lois antiterroristes problématiques et ses forces de police ont mené des opérations recourant à une force excessive au cours des douze derniers mois, a déclaré Human Rights Watch dans un rapport publié aujourd’hui. Plusieurs personnes responsables des horribles attaques perpétrées à Paris le 13 novembre 2015 et à Bruxelles le 22 mars 2016 – les plus meurtrières depuis des décennies dans ces deux pays – avaient un lien avec la Belgique.
03 NOV 2016 Report
Sources d’inquiétude

Les réponses antiterroristes de la Belgique aux attaques de Paris et de Bruxelles

Le rapport de 67 pages, intitulé « Sources d’inquiétude : Les réponses anti-terroristes de la Belgique suite aux attentats de Paris et Bruxelles », expose en détail des mesures visant à placer les prisonniers détenus pour terrorisme en isolement prolongé, et permettant au gouvernement de retenir les passeports et d’étudier les relevés téléphoniques et les e-mails des personnes soupçonnées de terrorisme sans autorisation judiciaire. D’autres lois peuvent révoquer la citoyenneté belge et incriminer des commentaires ne constituant pas véritablement une incitation directe au terrorisme. Ce rapport révèle également les réponses abusives de la police pendant les raids antiterroristes et les détentions.

« La Belgique a travaillé dur l’année passée à la prévention de nouvelles attaques, mais ses lois et les réponses de la police ont été mises à mal par leur nature trop générale et parfois abusive », a affirmé Letta Tayler, chercheuse senior auprès de la division Terrorisme à Human Rights Watch et auteur du rapport. « Nous partageons l’indignation et la douleur de la Belgique et de la France, et voulons voir les responsables traduits en justice. Toutefois, le recours à une force excessive lors de certains raids menés par la police risque d’engendrer un sentiment d’aliénation au sein des communautés dont la coopération pourrait pourtant aider à faire face à la menace. »

Au cours de trois missions menées en Belgique, Human Rights Watch a interrogé 23 personnes alléguant des abus physiques et violences verbales ainsi que 10 proches ou avocats des personnes ayant rapporté des abus de la part de la police, des militaires en patrouille ou des autorités pénitentiaires. Human Rights Watch a également parlé avec plus de 30 activistes nationaux et locaux œuvrant pour la défense des droits humains, représentants du gouvernement et législateurs, experts sur la sécurité basés en Belgique, agents de police et journalistes. De plus, Human Rights Watch a examiné 30 lois et réglementations, nouvelles ou proposées, ainsi que des dizaines de clips et de messages postés sur les réseaux sociaux.

Dans une déclaration écrite transmise à Human Rights Watch, le gouvernement fédéral belge a indiqué que « Nous restons fermement résolus à protéger » les droits humains dans le cadre de sa réponse au terrorisme. Selon la déclaration, la Belgique enquêtait sur « un certain nombre d’incidents » de « violence verbale ou physique » présumée de la part d’agents de police au lendemain des attaques, mais « il s’agit d’incidents isolés et ce n’est en aucune façon le résultat d’une politique délibérée ».

Les attaques coordonnées à Paris près d’un stade et dans une salle de concert ont tué 130 personnes. Celles survenues à l’aéroport de Bruxelles et dans une station de métro en ont tué 32. Le groupe armé extrémiste l’État islamique (EI) a revendiqué la responsabilité des deux attaques ayant fait également des centaines de blessés.

 

Le rapport intégral “Belgique : La réponse aux attaques soulève des craintes relatives aux droits humains
Des lois à trop vaste portée et des opérations de police abusives sapent les efforts de lutte contre le terrorisme” : cliquez ICI

The report “Belgium: Response to Attacks Raises Rights Concerns, Overbroad Laws, Abusive Policing Undermine Counterterror Efforts” : click HERE

 



About

Prison activist and editor. Currently preparing a book on the introduction of maximum security prisons in Belgium and Europe, including the practice of solitary confinement. In 2008, Luk started the Belgian Prisoners' Family & Friends Association. (http://familiesfriendsassociation.blogspot.be/ In 2009, with Farida Aarrass he launched the Campaign Free Ali Aarrass (www.freeali.eu ). In 2012 he organised the Committee of the Families of European detainees in Morocco (http://prisonnierseuropeensaumaroc.blogspot.be/). Luk Vervaet is the author of « Le making-of d'Anders B. Breivik » (Egalité=Editions, 2012), « Nizar Trabelsi : Guantanamo chez nous ? (Editions Antidote, 2014). He is co-author of « Kim et Ken, mes enfants disparus » (Editions Luc Pire, 2006), « Condamnés à la prison? Ecrits sur un monde caché » (Revue Contradictions, 2008) et « L'affaire Luk Vervaet : écrits sur un interdit professionnel » (Revue Contradictions, 2011). Contributions : « Etats généraux sur les conditions carcérales en Europe : La condition pénitentiaire, regards belges, français et européens"» (2010, éditions MGER) ; « The violence of incarceration: a response from mainland Europe »(2010, Race & Class) ; « Gevangenissen: spiegel van onze samenleving » (2013, MO Mondiaal Nieuws) Publishing house : www.antidote.be


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